WAKEBOARD [wEkbord] n.m.
(angl. wake, sillage, et board, planche). Planche à sillage.
Sport dans lequel le pratiquant, relié par une corde à un bateau à moteur ou un téléski qui le tracte, glisse sur l’eau en se maintenant sur une planche de type surf ou skate. (définition AFW, Association Française de Wakeboard)

C’est vague encore ? Une présentation et un petit retour aux sources s’imposent…

Le wakeboard attire les sportifs car c’est l’un des rares sports de glisse à la portée de tous.  Les boards ont une large surface portante donc les débutants sortent facilement de l’eau dès la première séance et appréhendent sans complexe les courbes, le freestyle, les surfs et sauts de vagues. Le wakeboard a très vite dépassé le ski nautique traditionnel, par son côté plus fun, plus extrême. Le rider peu s’amuser aisément en toute situation, la pratique reste attrayante quelque-soit la puissance du bateau, du gros yacht au petit zodiac en passant par le scooter des mers et le bateau 100% wakeboard tout est possible. Au niveau du  matériel et de l’aspect général de la pratique, on est loin de l’ambiance jet-set ou snob de départ du ski nautique : l’atmosphère est fun et détendue, les modes sont aux graphismes modernes à l’image du skate et de cette culture extrême de l’anti-conformisme.

2011 : les gens confondent encore wakeboard avec wakesurf, kitesurf, snowkite, wakeskate… le mix des cultures de la glisse y est pour beaucoup, un peu de skate, un peu de surf, un peu de snowboard… beaucoup de glisse et c’est presque ça ! Comment encore faire l’amalgame alors que la pratique ne date pas d’hier…

BREF HISTORIQUE…

L’origine du ski nautique laisse toujours une ouverture à la polémique, certain diront qu’il vient des Etats-Unis et d’autre de la France. Restons chauvins : le ski nautique est apparu en France dès 1920 en Haute-Savoie. Ce sont des chasseurs alpins qui tenteront une traversée du lac d’Annecy chaussés d’hydroplans (sortes de planches en bois accrochées par une corde) tractés par un bateau. Après cette première traversée, ils utilisent des skis de neige puis l’un d’entre eux va fabriquer ses propres skis, plus larges.

Pour ce qui est du wakeboard comme on le connaît aujourd’hui, il arrive tout droit des US (sport de glisse oblige, on à toujours eut un wagon, voir un train de retard soyons réaliste !), ce sont les surfeurs de Californie qui cherchaient à rider en l’absence de vague qui ont imaginés un mix en le  « ski » et le  « surf » : après 2,3 bonnes gamelles et à la recherche d’un nom, ça sera le « SKURF ». Aussi appelé « Skurfer », cette petite board monodirectionnelle épaisse possède un seul aileron à l’arrière. On est en 1985, au départ la simplicité passe avant tout, les boards n’ont pas de déco, le shape est unique, ça sera du bleu pour les mecs et du rose pour les filles (on pensait déjà un peu à elles, merci) il y a aussi un modèle jaune… on dira que c’est pour les familles, comme ça pas de jalousie sur la couleur.

Le « Skurfer » c’est donc l’ancêtre.

En 1987, la France commence à être à la page, c’est à Viry-Châtillon que l’ont voit apparaitre la première board, les locaux sont très vite fan de ce nouveau joujou. Gilles Becker devient accro. Cela faisait déjà 2 ans que les plus assidus tentaient une pratique du surf (plus ou moins réussie) sur la vague de leurs gros Riva le long de la promenade des Anglais… la culture glisse a bien évolué !

Une structure est fondée en 1989, c’est la WWA (World Wakeboard Association). Après un changement d’appellation de la pratique, les boards ont évoluées, naissance d’une pratique plus ouverte : « le wakeboard ».

En 1990 l’industrie du ski nautique voit une opportunité certaine dans ce nouveau terrain de jeux, HO Waterskis crée Hyperlite.

Les premiers wakeboardeurs se défient en 1990 à Orlando lors de la première compétition officielle. Et les petits « frenchies » attendent 1992 pour en faire de même, à Viry-Châtillon toujours. Le rassemblement de tous les pays ne se fera pas avant 1993, en Floride, avec les championnats du monde organisé par la WWA.

Un peu de reconnaissance du sport pour booster la pratique ne fait jamais de mal. Le « Wake Board Magazine » en 1994 (aujourd’hui « Wake & Ski »). Pendant ce temps là les riders les plus impliqués créent l’ANW (Association Nationale de Wakeboard) afin d’avoir une structure pour leurs sports.

Ce n’est qu’en 1996 que la Fédération Française de Ski Nautique reconnait officiellement cette discipline, avant tout pour en assurer le développement. Concrètement cela permet de générer un règlement des compétitions et de former des juges et des initiateurs pour les clubs.

En 2000 est créée l’Association Française de Wakeboard (AFW)

Les planches sont donc bidirectionnelles avec un shape « twin tip » (et donc symétrique), des ailerons à l’avant et à l’arrière de la board tout comme les planches actuelles.

La pratique est intégrée aux premiers X Games été, suscitant une réelle demande au niveau des passionnés de sports de glisses en mal de neige ou en attente de vagues.

Les premiers Championnats de France ont lieu en 1996. Suivis l’année d’après par le premier Tour Français de compétitions bateau.

Il y a un réel engouement pour cette pratique extrême rassasiant les assoiffés de sensations fortes l’été.

Les câbles se multiplient en France (le 1er date de 1971 à Port Barcarès), sortes de téléskis d’hiver remixés à la sauce été. Néanmoins le potentiel de développement est encore large (4 nouveaux téléskis en France en 2010) une vingtaine au total contre 80 en Allemagne ! Ils permettent d’évoluer vers un nouveau type de pratique avec les modules notamment. En 1998 a lieu la première compétition française sur la base de Sesquières (Toulouse). S’en suivent les championnats d’Europe Câble.

La suite est variée et découle de l’influence des autres pratiques « glisses » et de l’attrait des médias pour ce sport. Des tournées sont organisés en France (SFR Boardstock Tour, Rhône Alpes Tour, Orangina Jam Tour…), les contests se multiplient, les marques aussi ! On peu voir apparaître un magazine gratuit spécialisé dans le wake « Unleashed ».

Le Wakeboard est reconnu « sport de haut niveau » par le Ministère de la Jeunesse et des Sports en 2009.

Le wakeskate se développe, cousin germain du skate et du wake, il se pratique sur un planche plus courte et sans chausses, mais le moyen de traction reste identique. Les cables avec les modules et les treuils permettent d’ailleurs de s’orienter vers une pratique typée « urbaine ». Pour pratiquer le wakeskate le rider peu porter des baskets mais pas obligatoirement car les boards sont soit recouvertes d’un grip type skate, soit d’une mousse EVA.

Le wakesurf est un peu plus récent dans les pratiques bien qu’à la base même du wakeboard, la board est plus petite qu’une vraie planche de surf, les pieds ne sont pas attachés. Le rider sort de l’eau à l’aide du palonnier mais peu ensuite surfer la vague créée par le bateau, une vague à rider à l’infini jusqu’à la chute. Mais pas besoin de se faire remuer dans tous les sens pour remonter les vagues, pas besoin d’attendre que les vagues soit bonnes… on oublie toutes le contrainte du surf pour surfer ! On a vu apparaitre l’AFWS (Association Française de Wakesurf) et une tournée sur la France « King of the lake » qui ont permis de développer ce sport à l’ambiance incomparable.